La notion d’intégration des systèmes d’information est souvent associée à la notion d’interopérabilité. L’interopérabilité est la capacité de deux systèmes à fonctionner en interaction avec l’autre, autrementdit à « opérer en interaction ».

Cela concerne des systèmes qui ont chacun leur propre logique, architecture, processus, mais qui ont besoin d’interagir. Cette interopérabilité suppose des conditions techniques (protocoles, formats…) mais aussi fonctionnelles (gestion de ressources bloquées, authentification, acquittement…), ou organisationnelles (responsabilité, rôles…).

L'intégration
L'intégration se définit comme un processus destiné à instaurer une unité d’efforts dans l’entreprise et entre ses unités de travail. Plus l’entreprise est variée, plus elle aura besoin de mécanismes d’intégration, qui se traduisent par des fonctions de liaison et de coordination.

Intégrer quand on restructure ?

Mais pourquoi faut-il une entreprise “intégrée” dans un monde où les entreprises sont de plus en plus évolutives, où toute activité peut se retrouver un jour « externalisée », filialisée, mutualisée avec d’autres et donc qu’il faudra alors « désintégrer » ce qui avait été intégré ?


L’intégration est plus que l’interopérabilité. Deux systèmes deviennent intégrés quand ils sont associés dans un système global qui a sa propre logique, son architecture, ses processus pour sa propre finalité, même si les deux « sous-systèmes » ont gardé une part d’autonomie.


Le projet européen " INTEROP" (INTEROP Deliverable D10.1, Glossary)  a défini l’intégration comme :

  1. The merging or combining of one or more components, parts, or configuration items into a higher level system for ensuring that the logical and physical interfaces can be satisfied, and the integrated system satisfies its intended purpose.

  2. In systems design, the process that allows separate functions to use a common technology and database, pass data and information without requiring translation, reformatting or duplicate entry, and enable cross-functional views and management.
L’intégration est un besoin organisationnel


schéma circulaire montrant des personnages reliés les uns aux autres

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Une organisation peut être plus ou moins « intégrée », ses équipes plus ou moins autonomes, avec deux extrêmes, une entité d’exécution qui ne maitrise ni ressources, ni charge, ni méthodes, et une entité considérée comme un « centre de profit » qui n’est évaluée que sur son résultat.

L’alignement entre intégration organisationnelle et informationnelle est un enjeu majeur

Un économiste définit l’intégration comme « une coordination étroite, sans « jeu », au service de la recherche de cohérence dans les interactions entre Les enjeux de l’intégration... acteurs » (Everaere 1994). En sciences de gestion, l’intégration se définit comme un « effort pour des relations interindividuelles, inter-fonctionnelles et inter-entreprises  plus étroites » (Geffroy-Maronnat et al., 2004).

Elle peut être plus ou moins forte. On peut la caractériser par un niveau de « couplage » faible ou fort.

Personnage qui téléphone asis à son bureau et un autre qui se tient derrière lui
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L’ERP permet une intégration forte entre les domaines, les fonctions, les sites de l’entreprise.


Les enjeux de l’intégration…

  • Une seule saisie, une seule information ! Réduction des interfaces et délais associés
  • les conséquences transverses de l’information, jusqu’au temps réel qui calcule toutes les conséquences d’un évènement
  • Aide à la décision (simulations, tableaux de bord, ...)

En intégrant dans une base de données unique l’ensemble des informations de l’entreprise, l’ERP est un système fortement couplé, au contraire des approches SOA d’interopérabilité qui permettront une intégration faiblement couplée.

Le système d’information est l’outil de l’intégration organisationnelle.